Bonjour, et merci à vous toutes et tous d’être venus à ces 1ères Assises des architectes voyers.

Avant de commencer je voudrais remercier Corinne Charpentier et Patrick Denis pour leur soutien, car sans eux, je n’aurai jamais prétendu devenir la Présidente de l’Association Amicale et Professionnelle des AV. Depuis plus de 10 ans cette association, qui avait fait des choses remarquables s’était éteinte avec son ancienne présidente, Dominique Picard à qui je rends hommage ici.

Depuis 10 ans donc, plus rien ne se passait, et Corinne et Patrick m’ont soutenue pour relancer cette association. Je pensai qu’on allait relancer tranquillement les activités de l’association. Mais c’était mal les connaitre car à peine élue, j’ai eu droit à un bizutage dans les règles.

Corinne m’a dit avec un sourire en coin « Tu sais, 2018 c’est le 120ème anniversaire de la création du corps des Architectes Voyers … tu as 8 semaines pour organiser tout ça smile.

Et Patrick m’a dit « Tu sais, ce serait bien de monter des assises sur l’architecture, ça fait longtemps que l’amicale n’a plus rien fait depuis la parution du « petit livre rouge ».

La fête d’anniversaire a été pour moi un réel plaisir et j’ai été plus que ravie de voir que cette association, qui était en sommeil depuis 10 ans avait encore la capacité, grâce à quelques membres actifs, de rassembler près de 200 personnes. Je tiens à remercier ici toutes les personnes qui ont participé à cet anniversaire qui s’est fait un peu dans l’urgence mais qui a été surtout une réussite pour nous tous.

Monter des assises répondait aux objectifs de cette association, car au-delà du côté festif, amical et solidaire de cette association, elle a aussi pour but « de promouvoir le rôle de notre profession au sein de l’administration parisienne » et « de favoriser les relations avec les autres organisations proches de la présente association ».

L’organisation la plus proche de l’amicale créée en 1946 est historiquement le syndicat des Architectes Voyers qui lui a été créé en 1948 et qui a pour missions depuis 1977, « d’étudier toutes les questions syndicales et particulièrement celles concernant les intérêts moraux et matériels des Architectes Voyers ». Si les termes semblent aujourd’hui un peu désuets ils ont volontairement été conservés dans les nouveaux statuts car ils traduisent des préoccupations qui périodiquement viennent remettre en cause le rôle et l’existence même des Architectes Voyers au sein de l’administration parisienne.

En effet, en 1977 déjà, 3 Architectes Voyers ont mené une réflexion conjointe, Amicale et Syndicat des architectes voyers, sur leur devenir et leur rôle face à l’énorme réorganisation administrative de l’époque qui semblait les oublier.

Je rappelle qu’en 1977 les parisiens venaient d’élire pour la première fois leur maire, Paris sortait d’un régime particulier pour être régie par le droit commun des départements et communes, et s’insérait tant bien que mal dans la nouvelle région d’Île-de-France. Les bouleversements de cette époque étaient alors sans précédent. Et nos 3 confrères, conscients de ces grands changements, ont conclu, sans optimisme mais avec clairvoyance, leur réflexion en définissant de grands axes de travail qui ont permis, grâce à une concertation avec la nouvelle administration communale, de redéfinir et revaloriser les missions et rôle des Architectes Voyers dans le cadre du nouveau statut de Paris.

Aujourd’hui, 40 ans plus tard, ces grands axes de travail restent d’actualité. Et je remercie vivement Alexandre Reynaud qui pendant 10 ans a œuvré en ce sens en qualité de Président du syndicat des architectes voyers sur des sujets difficiles, notamment avec la pétition lancée en mars 2018 sur le maintien des Architectes Voyers que plus de 2 500 personnes ont signés. Je félicite et j’encourage Blanche Rivière qui a repris ce flambeau avec force et vigueur. Et il lui en faudra. Aujourd’hui, ces axes de travail restent d’actualité. Car même si l’histoire ne se répète pas, il lui arrive parfois de bégayer, 40 ans plus tard, avec des rendez-vous qui se ressemblent, comme par exemple le projet du Grand Paris, l’émergence de grandes communautés d’agglomération, la loi MAPAM de 2014 sur la modernisation de l’action publique territoriale et l’affirmation des métropoles…

Ces changements d’échelles et d’approches se font aujourd’hui dans un contexte qui doit également intégrer de nouvelles données aussi incontournables et variées que le vaste champ du droit de l’environnement, les évolutions législatives sur l’architecture, les nouveaux outils de l’aménagement du territoire, de nouveaux concepts… mais aussi les demandes pour une meilleure prise en compte de l’humain dans l’urbain et du vivre ensemble. Car un des rôles essentiels de l’architecte est de répondre aux attentes de chacun tout en veillant au respect de l’intérêt collectif. Ce rôle est même sans doute un des plus importants pour celles et ceux qui travaillent au service du public.

Cette année 2019, pour notre 121ème anniversaire, les architectes voyers vous proposent de débattre de la place de l’architecte en ville autour de 2 thèmes :

– Les nouveaux attendus de la planification urbaine

– Les évolutions récentes du rapport Maîtrise d’ouvrage / Maîtrise d’œuvre

Comme nos prédécesseurs nous n’aimons pas ni la force de l’habitude, ni les statu quo. Nous avons un désir de novation et d’action, et nous sommes convaincus que c’est de la confrontation des idées de chacun que de nouveaux axes de réflexion et de travail pourront se dessiner. Notre objectif est, vous l’avez bien compris, de participer, d’accompagner ces changements et d’être force de propositions sur l’urbain et notre propre devenir.

Nous souhaitons également que les échanges entre les intervenants et la salle, entre les uns et les autres soit libre et respectueux, que les participants de l’assemblée n’interpellent pas les directeurs et élus ici présents ou les intervenants pour avoir des réponses au nom de la Ville et que tout le monde admette cette règle du jeu. Nous sommes ici au nom de l’intérêt pour l’architecture.

À l’issue de ces échanges, il reviendra à Blanche Rivière de tenter une conclusion qui sera suivie d’un pot amical.

28 ! 28 c’est le nombre d’architectes voyers inscrits à ces assises. 28 c’est un peu moins de la moitié des effectifs des architectes voyers aujourd’hui. Quand je suis arrivée à la Ville il y a 20 ans on était presque une centaine… je pense que ces chiffres parlent d’eux-mêmes.

Merci à toutes les personnes qui ont organisé et préparé ces assises, merci aux intervenants qui ont bien voulu participer à cet évènement, merci aussi à la Mairie du 20ème qui nous a permis d’occuper gracieusement cet auditorium et à Betty de nous y accueillir chaleureusement.

Enfin un grand merci à vous toutes et tous ici présents. Nous espérons que ces 1ères assises inaugurent un nouveau cycle qui nous permettra de vous retrouver encore plus nombreux l’année prochaine sur de nouvelles thématiques.

Je vous souhaite de bons débats et vous propose d’enchainer tout de suite avec Patrick Denis, architecte voyer, actuellement affecté au Ministère de la Transition Écologique et Solidaire, en charge des questions de planification régionale, qui va vous présenter un état des lieux de l’espace urbain et de ses possibles transformations.

Catherine Sigaut

Présidente de l’association amicale et professionnelle des architectes-voyers de la Ville de Paris

Catherine Sigaut est architecte voyer en chef de la Ville de Paris. Elle est actuellement affectée à la Mairie du 20 ème arrondissement.